Une lecture de l'avant propos

Publié le par Joseph Jacotot




"je ne réclame pas leur suffrage, je ne sollicite pas une aveugle approbation, mais je demande de la confiance, de la docilité et de la persévérance à suivre la route que je vais leur indiquer."


La confiance est ce qui fait le plus défaut actuellement à la situation pédagogique.
Et ce n'est pas la demande de sécurité, de preuves, de bilans, toujours plus nombreux et plus bureaucratiques qui aide à ce qu'elle s'établisse.

Dans une période qui ne supporte plus ni le doute, ni la difficulté transitoire (et donc l'effort) chacun ressent la pression de la demande sécuritaire
- "que dois-je exiger pour que mes enfants soient certains de réussir ?" (sous-tendu : "et n'éprouvent aucune difficulté en classe")
- "je ne sais pas immédiatement faire le travail que me propose le prof, suis-je en train de devenir mauvais ... maman j'ai peur !"
- "évitons de proposer des situations complexes qui fragiliseraient les acquis. L'important est qu'ils sachent faire ce qu'on leur demande à la fin de l'année. "
attitude qui revient à empêcher les petites pommes verreuses de tomber, quitte à les scotcher à l'arbre,
alors que c'est précisément ce qu'il faudrait faire pour rendre les acquis plus consistants ... sur le long terme.
(mais qui se préoccupe du long terme, ou a le loisir de s'en préoccuper, lorsque ce qui est pris en compte est uniquement  le bilan de l'année, du trimestre, voire même de l'heure de cours.

"Et qu'ont-il appris dans ce cours là, où est le résumé de la leçon ? Où sont les explications qui permettrons de refaire les gestes qui sauvent ?"


Oui, la confiance est loin
et plus l'enfant grandit et plus il lui est difficile
de l'accorder.

N'est-ce pas pour cette raison que les élèves au collège donnent souvent l'impression de régresser ?

Commentaire posté par Luc le Bateleur
le 12/12/2006


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