Joseph Jacotot E. U. Langue Maternelle Dixième Leçon Ex. 7-3

Publié le par Joseph Jacotot




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Septième Exercice-3



    Au surplus, voici, je crois, la seule règle sans exception en littérature : Ne vous écartez pas de votre sujet. Quand vos élèves n’apprendraient que cela, vous leur auriez rendu un grand service. Or, vous voyez bien ce qu’il faut faire pour obtenir ce résultat ; nous sommes capables de voir si nous nous écartons en parlant ou en écrivant sur des faits qui sont le sujet de nos discours. La difficulté n’est donc pas dans notre intelligence, mais dans notre mémoire qui ne nous rappelle pas le signe dont nous avons besoin. Faites donc apprendre la valeur de tous les signes qui sont dans Fenelon.


    On vous dira que Boileau a dit :

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement
Et les mots pour le dire arrivent aisément

    Vous répondrez :
- Croyez-vous, Monsieur, que «  Boileau a dit » soit un raisonnement en bonne logique ?

- Mais l’autorité des grands hommes ?


- Admettez-vous l’autorité des grands hommes ?


- Quel est le présomptueux qui oserait la rejeter ?


- De quels grands hommes admettez-vous l’autorité ?


- De tous.


- Cicéron vous paraît-il un grand homme,


- Pourquoi cette question ?


- C’est que Cicéron a dit que les mots n’arrivaient pas aisément pour énoncer clairement ce que l’on conçoit bien.
Cicéron pense que les mots présomption, mouvemens sages, mouvemens mesurés, etc. n’arrivent pas plus aisément que tabatière et mouchoir quand on ne les a pas appris, et qu’on ne les a pas répétés bien souvent. »


    Laissez donc l’argumentateur, et vérifiez si votre élève connaît tous les mots, toutes les expressions, toutes les tournures, enfin, tout ce qu’on peut apprendre dans Télémaque.



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