Réponse de Joseph Jacotot au ministère de l'instruction publique (16 novembre 1826)

Publié le par Joseph Jacotot


A M. l’administrateur de l’instruction publique, des sciences et des arts.

Monsieur l’Administrateur,

Je m’empresse de répondre à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire en date du 11 de ce mois, et que je reçois à l’instant.


Vous me faites l’honneur de me dire, monsieur l’administrateur, que, d’après les rapports parvenus au département de l’intérieur, je croirais ma méthode très propre à répandre la connaissance de la langue nationale dans les provinces wallonnes ; j’ai l’honneur de vous faire observer que ma méthode serait également avantageuse pour l’enseignement de la langue nationale dans les provinces hollandaises, ainsi que pour l’enseignement de quelques parties que ce soit dans les sciences et les arts, puisqu’elle est universelle.

Vous me faites l’honneur de me demander ensuite « quelle serait, à votre opinion, la voie la plus facile et la moins dispendieuse pour appliquer votre méthode d’enseignement à une étude plus générale de la langue nationale dans lesdites provinces ; vous m’obligerez, en me répondant, de m’indiquer en même temps, de quelle manière vous pourriez coopérer à établir l’enseignement dont il s’agit et d’en diriger la marche. »

J’ai l’honneur de répondre à cette demande, qu’il faudrait, pour que je pusse seconder, autant qu’il est en moi, et comme la reconnaissance m’en fait le devoir, les intentions bienfaisantes de Sa Majesté, que je fusse chargé d’organiser l’enseignement dont il s’agit, d’après ma méthode et sans aucune espèce d’intervention étrangère.

M. KINKER, commissaire de Sa Majesté, pour vérifier les résultats de l’enseignement universel, a reconnu la nécessité de cette condition, pour assurer le succès de la méthode.

Cependant, je suis tout prêt à faire tout de qu’il plaira à Sa Majesté de m’ordonner.


J’ai l’honneur, etc.


Louvain, le 16 novembre 1826

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