Lettre de Son Altesse Royale le Prince Frédéric des Pays-Bas 28 avril 1827

Publié le par Joseph Jacotot

A Son Altesse Royale le Prince Frédéric des Pays-Bas.


Mon Prince,

Quand monsieur le commissaire de l’instruction civile m’a demandé de diriger l’enseignement universel, j’ai répondu : que l’enseignement universel pourrait être très utile, même dans l’ordre social, mais que je n’oserais jamais le proposer à aucun gouvernement européen tant la vieille méthode a jeté de profondes racines dans le vieux monde.

Votre Altesse Royale a eut la bonté de m’appeler ensuite pour l’aider à renverser le vieux colosse. Alors le nom des Nassau m’a imposé. Je connais les merveilles qu’ils ont accomplies par la seule puissance de leur inébranlable volonté.

Votre Altesse Royale sait que je n’ai pas hésité un seul instant. Me voilà donc sur la brèche.

Si j’ai bien compris les intentions de Sa Majesté, Votre Altesse Royale désire certainement savoir si tout le monde coopère à l’exécution franchement et sans tâtonner. On ne peut réussir qu’en fesant, qu’en établissant. Cependant l’intervalle immense qui existe entre Votre Altesse Royale et moi est rempli de gens qui essaient de vouloir essayer, si je puis m’exprimer ainsi.

Si je me suis trompé sur les vues de Sa Majesté relativement au bienfait de l’enseignement universel, je ne me crois pas moins obligé de continuer à travailler sans relâche d’après les ordres et les intentions de Votre Altesse Royale.

Je ne suis plus responsable du succès ; mais je suis toujours aussi dévoué et si le bien ne se fait pas, j’aurais du moins la satisfaction d’avoir rempli mon devoir.


J’ai l’honneur etc.


Louvain le 28 Avril 1827


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