Lettre à son Altesse Royale le Prince Frédéric des Pays-Bas, 28 Juin 1827

Publié le par Joseph Jacotot

 
Mon Prince,
 
J’ai l’honneur de renvoyer à Votre Altesse Royale les rapports et autres pièces qu’Elle a bien voulu m’adresser et dont j’ai pris connaissance.
Votre Altesse Royale me fait l’honneur de m’apprendre qu’Elle a accueilli avec plaisir la demande des officiers que Sa Majesté incline à y satisfaire, et a en conséquence autorisé Votre Altesse Royale à prolonger le séjour des officiers à Louvain autant qu’il serait nécessaire. Je vous prie, mon Prince, d’avoir la bonté de me faire connaître aussi la décision de Sa Majesté sur la proposition que j’ai eu l’honneur de faire à Votre Altesse Royale relativement à l’établissement de l’enseignement universel, tant dans le civil que dans le militaire.
J’ai continué et je continuerai avec ce qui est en attendant la décision de Sa Majesté dont Votre Altesse Royale a senti la nécessité aussi bien que moi. Alors je proposerai peut-être de toutes autres mesures. Dans l’état de suspension où se trouvent les choses, le seul avis que je puisse avoir, tant sur l’école normale, que sur le mémoire et sur les rapports que Votre Altesse Royale m’a communiqués, c’est de rester in statu quo, jusqu’à la manifestation de la volonté de Sa Majesté sur l’établissement de l’enseignement universel, tant dans le civil que dans le militaire ; lequel établissement ne peut se faire ni par des tâtonnements ni par des essais.
Votre Altesse Royale sait pourquoi je ne veux répondre d’aucun essai ; or, la commission, dans son rapport, appelle avec candeur l’école normale un essai qu’elle a sous la main. De proef welke men voor heeft.
Votre Altesse Royale sait que j’ai déjà répondu plusieurs fois au ministère qu’il est impossible de donner un avis raisonnable, quand on ignore le but auquel on tend. Votre Altesse Royale connaît les raisons de mon immuable conduite, et j’ai cru voir qu’Elle avait la bonté de les approuver.
 
J’ai l’honneur etc.
 
Louvain le 28 Juin 1827

Commenter cet article